Miguel Angel Cianca      Photographer/Photographe


 Visages, de Miguel Angel Cianca

Cette série photographique m’est apparue comme un concept. Soit on regarde et on admire la beauté des clichés, soit on y plante son nez, sa tête et son esprit et on y cherche l’histoire et la puissance. Tâche harassante certes, mais l’oxygène est un tel délice après l’ascension de la colline.

C’est vrai, des portraits de visages semble être un pléonasme, toutefois il est bon de rappeler qu’Erwitt a photographié les chiens pour faire le portrait des maîtres, Carron a pris seulement de l’arrière le crâne du Général pour montrer le charisme de l’avant. Le portrait de Picasso n’a plus grand intérêt une fois centré sur le visage, sans les brioches.

Le visage, qu’est-ce que c’est ?

C’est l’ouïe, le toucher, l’odorat, le goût et la vue en un même lieu. C’est ce qu’on ne peut cacher aux autres mais qu’on dissimule à force de maquillage, de coupes de cheveux, de tics ou de paroles. C’est notre vitrine et notre intimité. Ce qui nous a trahi quand, amoureux transi, notre bouche esquissa un sourire, ou que notre sourcils ondula sous l’impatience.

Le visage, disait Cicéron, c’est l’image de l’âme. Choisir de photographier la complexité pure du corps humain malgré la banalisation dont elle victime, est d’une audace telle que c’en est déjà de l’art.

Ensuite et surtout, à mes yeux, vient ce cadrage, rarement utilisé, si près et si loin à la fois, qui ne laisse de place à rien d’autre que le visage. Visage qui en devient par la force des choses une grande scène que se partagent le décor, les acteurs et l’histoire de la photo.

Loin d’un réalisme platiné , ces portraits sont une sorte d’abstrait subtil et minimaliste qui nous laisse fouiller les détails pour y trouver le récit.

Sur un visage, chaque teinte est importante, personnifie et caractérise le visage et notre perception de la personne. En choisissant le noir et blanc, Miguel épure la première impression pour nous forcer, une nouvelle fois, à aller chercher plus loin. Et son talent d’œil et de technique nous complique la tâche en rajoutant une sorte de masque de beauté volute, menant parfois à de fausses pistes sur le chant de ses muses...ses muses...

...parisiennes.

Enfin, l’autre facette qui m’a interpellé en explorant cette œuvre, c’est l’impression qu’en plus de nous conter mille et une histoires avec jolis vers (photographiques) à la manière des poètes, Miguel réalise, visage après visage, une ambitieuse photo de Paris,

« (...) la ville où sont infuses - La discipline et la gloire des Muses. » (Ronsard)

Capturer Paris comme Miguel Angel Cianca le fait, c’est prendre sa lumière. Attraper ces millions de gouttes lumineuses que nous sommes. Nous. Les muses modernes. L’alternative révolutionnaire au soleil.

Guillaume Elmassian


Actualités:
Exposition: Le visage
Du 4 au 18 mars 2009.
à l'atipico
229 bis rue Marcadet, Paris 75018

Pour plus d'informations: www.ma-cianca.com



Web Site: www.ma-cianca.com

Miguel Angel Cianca
      France
      E-Mail: miguel@cianca.fr